Plusieurs oiseaux naturalisés

Les objets du mois
Objet du mois de
Juillet
De gauche à droite:
Pintade d'Europe (Numididae sp.), probablement naturalisée avant 1900
Poule sultane (Porphyrio porphyrio samoensis), probablement naturalisée avant 1950
Balbuzar pêcheur de Nouvelle-Calédonie (Pandion haliaetus), probablement naturalisé avant 1950

           

En 2010, le musée de Nouvelle-Calédonie a recouvré une collection ornithologique de 116 pièces, qui ont été nettoyées, restaurées et inventoriées avant de bénéficier d’une recherche documentaire. Ces oiseaux naturalisés constituent une partie de la collection d’origine transmise au Parc Zoologique et Forestier par le Musée en 1983, au moment de l’abandon par ce dernier de sa vocation généraliste. Une partie demeure toujours au Parc Zoologique et Forestier, une autre est en exposition à la maison de la nature du Parc de la Rivière bleue.

L’intérêt pour les oiseaux de la Nouvelle-Calédonie remonte aux années 1860. Luc Chevalier, Conservateur du « Musée Néo-Calédonien » entre 1947 et 1983, nous livre de nombreuses informations sur l’histoire de cette collection à travers les rapports d’activité du musée, conservés au service des Archives de la Nouvelle-Calédonie: 

«  En novembre 1903, le Musée achète pour la somme de 1.000FRS la très belle collection d’oiseaux du pays empaillés, par le Frère Antonio de Païta, collection qui a été primé à l’exposition de 1900 à Paris. » (Chevalier, 1952). Le frère, dénommé Antonio par Luc Chevalier et Antonino d’après une photographie d’époque, faisait partie de l’ordre des frères maristes installé à Païta. Ces derniers construisirent de nombreux orphelinats et instruisaient les enfants. Le frère Antonio, ou Antonino, était taxidermiste et passionné par les oiseaux. Il possédait un « musée » ornithologique.

La structure du Pavillon de la Nouvelle-Calédonie de l’Exposition Universelle de 1900, ramenée à Nouméa, abrita entre 1905 et 1971 la Bibliothèque Bernheim et exposa à l’étage les collections du Musée dont la collection ornithologique.

En 1962, le Musée se fournit à nouveau en spécimens ornithologiques pour renouveler sa collection. Luc Chevalier fit alors appel à Heinrich Bregulla, ornithologue allemand du Musée de Francfort, en mission en Nouvelle-Calédonie. Ce dernier fournira au musée une trentaine d’oiseaux calédoniens naturalisés dont deux cagous. On sait également que cet ornithologue s’était installé sur l’île de Lifou où il possédait une sorte de laboratoire expérimental.

Il ne demeure aucune trace de l’inventaire des différents spécimens qui composaient la collection d’origine. La collection actuellement au musée est composée en grande partie d’oiseaux locaux, voire emblématiques de la Nouvelle-Calédonie, ainsi que des espèces introduites. On compte également quelques spécimens de la région Pacifique ou encore d’Europe ou d’Afrique.

Laure-Amélie Baranger pour L'association des amis du musée de Nouvelle-Calédonie